Liste d’œuvres des références pour les arts visuels et l’écoute musicale

ÉCOUTE MUSICALE

Les programmes de l’école primaire en éducation musicale valorisent l’écoute active, appliquée aux matériaux sonores les plus variés. Devant cette finalité, l’écoute d’extraits d’œuvres musicales, voire d’œuvres entières demeure le moyen privilégié de découverte d’un maximum d’univers musicaux et sans limitation a priori.

Au travers des démarches d’écoute mises en œuvre, variées, et contextualisées, s’opère une première appropriation globale mais qui laisse des traces personnelles chez l’enfant. Il s’agit d’une première familiarisation avec les œuvres, qui capitalise une expérience et des savoirs mobilisables plus tard pour d’autres approches, en particulier au collège.

Cette familiarisation, soutenue par des écoutes répétées d’extraits courts, par le plaisir acquis d’anticiper et de reconnaître des éléments musicaux, de les chanter, par des échanges à propos des émotions et effets ressentis et par les informations complémentaires données par l’enseignant, gagne à se restreindre à un réseau limité d’œuvres, constituant un parcours à équilibrer tout au long de la scolarité primaire.

C’est le sens à donner à l’ensemble d’œuvres de référence proposées dans ce document, complété de trois exemples : – deux exemples d’approche plus détaillée d’une même œuvre musicale, abordable tout au long du cursus primaire : La Flûte enchantée, opéra de Mozart, et L’Enfant et les sortilèges, de  Maurice Ravel ;  – un exemple possible pour une école donnée, d’un parcours raisonné dans le domaine des musiques savantes européennes.

Les éléments de cette liste ne constituent pas un programme imposé : ils donnent des indications concrètes aux maîtres non spécialistes pour structurer et équilibrer au niveau de l’école leurs choix face à l’infinité des possibles.

Les indications toujours brèves et générales autour des catégories retenues ne préjugent en rien de la variété des démarches pouvant être pratiquées pour aborder une œuvre.

Toutefois la démarche correspondant aux intentions pédagogiques légitimes de l’enseignant n’apparaîtra qu’après une première écoute, la plus libre possible. On peut d’ailleurs dans certains cas en rester là pour le plaisir sensoriel et émotif sans chercher à faire émerger « le sens » de ce qui est écouté. Précisons en outre que ces références n’invalident pas davantage la place à faire à l’écoute de musiques amplifiées enregistrées (dénommées aujourd’hui « musiques actuelles ») omniprésentes dans l’environnement quotidien des élèves. D’ailleurs des rapports peuvent parfois être mis en relief entre ces musiques et certaines des œuvres que présentera l’école.

I. Œuvres de référence classées du patrimoine musical

Les catégories retenues sont des genres musicaux larges, assorties de brèves indications quant aux intérêts pédagogiques premiers qu’elles recouvrent.

Les titres cités ne sont que des exemples représentatifs, ni à mythifier, ni à disséquer, pouvant être remplacés par d’autres selon le contexte d’accès, susceptibles d’être complétés par l’écoute d’extraits d’œuvres plus périphériques à la catégorie concernée.

Les critères de choix en tout état de cause donneront priorité aux qualités artistiques des œuvres, à leur authenticité, leur accessibilité mais aussi à leur capacité à nourrir une démarche de transversalité, propre à les faire apparaître comme repère culturel même provisoire. La plupart des propositions peuvent être abordées à tous les cycles de l’école, à condition d’adapter les modalités de présentation et de fréquentation aux âges comme aux acquisitions des élèves. Le cahier d’éducation musicale de chaque enfant, enrichi année après année contribuera à la valorisation et l’ancrage de ces rencontres renouvelées avec des œuvres musicales.

Au cycle 3, en particulier, des repères seront donnés pour que les enfants commencent à situer plus précisément ce qu’ils écoutent dans le contexte historique et géographique de leur création. Il ne s’agit pas d’organiser les activités d’écoute selon un parcours d’histoire de la musique mais de saisir les occasions fournies par la vie de la classe (découverte d’un pays, étude d’une période historique, sensibilisation à une langue, approche d’un texte, d’un monument, d’une œuvre plastique…) pour que, parallèlement à l’écoute des œuvres musicales pour elles-mêmes, l’enfant commence à tisser un réseau de liens entre diverses productions humaines.

L’ouverture sur les cultures régionales pourra se concrétiser par le recours aux pôles de ressources en cours de constitution dans plusieurs CRDP, médiathèques du réseau CNDP et associations musicales de proximité.

Répétons enfin, que les opportunités de découverte en direct, par la présence vivante de musiciens, sont à privilégier, sous condition de veiller à l’accessibilité du répertoire proposé.

I.1. Contes et récits musicaux

Les classiques du genre gardent tout leur pouvoir de séduction et leur intérêt pour accéder à la découverte du monde musical : Pierre et le Loup de Prokofiev, Carnaval des Animaux de Saint-Saëns, Guide de l’Orchestre pour une jeune personne de Britten, L’Apprenti sorcier de Paul Dukas, La Sorcière du placard à balais de Marcel Landovski d’après Pierre Gripari. Les années plus récentes ont aussi vu le répertoire s’enrichir : Fifi, Albert et la voix de Betsy Jolas, Barnabé et les bruits de la vie de Louis Dandrel, Loulou et Pierrot-la-Lune et Les Drôles de sons de Philippe Mion, et autres histoires de la collection Mes premières découvertes de la musique Gallimard qui figurent au catalogue du CNDP. La collection L’oreille en colimaçon éditée par Radio-France offre des approches originales du monde sonore et musical. La collection de livres-CD édités par la Cité de la Musique et Actes Sud, Les contes du Musée de la musique, inscrit la découverte d’un instrument d’ailleurs dans un récit traditionnel du pays d’origine.

I.2. Musiques du monde

Cette appellation recouvre le vaste domaine des musiques de tradition généralement orale dont l’ampleur de ce domaine commande le renvoi à des collections éditées. Leurs contenus rassemblent pour la plupart des répertoires étrangers et plus particulièrement extra européens. Ces musiques permettent la découverte de langages musicaux très contrastés et d’instrumentarium originaux.

Par exemple, les gamelans (orchestres de percussions) de Bali et de Java, les tambours du Burundi, le chant des pygmées, les musiques instrumentales du Japon ou de l’Inde, les chants diphoniques (deux sons émis simultanément par un seul chanteur) de l’Asie centrale, surprennent, piquent la curiosité, affinent la perception, invitent les enfants à replacer les pratiques musicales de leur milieu dans un contexte beaucoup plus vaste.

La collection Le Chant des enfants du monde (Arion), en particulier le volume 1 (Guinée et Sénégal) et le volume 5 (Sud-ouest de la Chine) valorisent les timbres de voix d’enfants, les chants aux structures très repérables, les possibilités de réappropriation par la classe. Mais aussi :

  • Les Voix du Monde et Les Instruments du Monde, CD co-édités par le CNRS, le Musée de l’Homme et Chant du Monde ;
  • la collection « Ocora », co-éditée par Radio-France, la Maison des Cultures du monde/Auvidis et l’Unesco ;
  • la collection de livres-CD co-éditée par la Cité de la Musique et Actes Sud ;
  • la collection « Realworld » et notamment le CD Gula Gula de Mari Boine Persen.

La musique traditionnelle des régions de France est bien sûr aussi à explorer. De nombreuses collections y sont consacrées. La Fédération des Associations de Musiques et Danses Traditionnelles constitue un important pôle de documentation en ce domaine.

I.3. Musiques savantes à dominante européenne

Les propositions sont réparties par catégories musicales, entités plus faciles à identifier par les élèves que les seuls repères chronologiques ou de compositeur, qu’il sera toujours loisible de préciser ensuite.

A. Œuvres vocales

L’accent mis sur les pratiques vocales rend particulièrement pertinente l’écoute d’œuvres qui, elles aussi, font entendre des voix. Chantant eux-mêmes, les enfants trouvent dans l’audition des répertoires chantés matière à identification, différenciation, affinement des perceptions, élargissement du champ culturel. Plusieurs collections citées ci-dessus présentent des voix du monde.

Le coffret livre-CD Ecoute et découverte de la voix, aux éditions Fuzeau, emprunte, lui, autant aux musiques extra-européennes qu’aux répertoires savants. Les œuvres qui suivent présentent une diversité de qualités de voix (voix d’adultes de différents registres, voix d’enfants), de formations (solistes, chœurs) et de types de textes.

■ Œuvres mettant en scène la voix seule
  • Aperghis : quelques unes des Récitations. Elles proposent, dans un esprit de gratuité et de sérieux proche des contraintes que s’imposent les enfants dans leurs jeux, des règles de manipulation des mots et des syllabes, considérés comme des éléments de langage musical. Elles permettent une approche active, plaisante et immédiate du répertoire contemporain.  ►A partir du cycle 2.
  • Berio : Sequenza pour voix. La voix est utilisée, dans cette Sequenza n°3, dans tous ses états, depuis le murmure jusqu’aux envolées lyriques en passant par le rire, la toux, les appels, les onomatopées. L’écoute de l’œuvre peut entrer en résonance avec des jeux vocaux pratiqués par les enfants et nourrir leurs productions. ►A partir du cycle 2.
  • Schubert : Die Forelle (La Truite), Erlkönig (le Roi des Aulnes). Ces pièces pour voix en allemand (ces lieder) s’appuient sur une trame narrative fortement évoquée par l’accompagnement de piano (le cours d’eau, la poursuite à cheval). Cette relation permet un suivi de l’action, bien que le texte ne soit pas en français, et constitue une intéressante approche de la musique d’une langue étrangère. ►Cycle 3.

Purcell : air du génie du froid, extrait de l’opéra King Arthur. Ici, ce sont le traitement mélodique et rythmique ainsi que le mode d’émission vocale très particulier qui ont un fort pouvoir d’évocation. Outre le plaisir musical et la sollicitation de l’imaginaire, cet air offre aussi l’occasion d’une sensibilisation à la langue anglaise. ►Cycle 3.

  • Rossini : duo des chats. Intérêts multiples : dialogue vocal et jeux imitatifs induits.
■ Chœurs
  • Bach : chorals, chœurs. Premier chœur de La Passion selon St Jean ou Magnificat. – Beethoven : Hymne à la Joie, extrait de la Neuvième symphonie. Support musical de l’hymne européen.
  • Bizet : chœurs extraits de Carmen – Purcell : chœur des sorcières extrait de Didon et Enée. En écho à leur propre expérience du chant en groupe, les enfants apprécient une matière vocale liée à une intention. Parvenant à percevoir plusieurs couches sonores superposées, ils distinguent le chant à l’unisson de la polyphonie.  ►Cycle 3. Haendel : Alleluiah, extrait du Messie.
■ Opéras
  • Mozart : La Flûte enchantée. Cet opéra de Mozart est, par excellence, l’œuvre de tout un parcours, de la petite section au cycle 3. Voir en exemple quelques pistes pour une approche sur plusieurs années.
  • Britten : Faisons un opéra : le Petit ramoneur Cette œuvre est constituée de deux parties. La première, à partir d’une histoire, fait découvrir les ingrédients du genre « opéra », la seconde fait entendre l’opéra lui-même, sur un livret très accessible aux enfants. Cette grande réussite de Benjamin Britten destinée aux enfants a été adaptée en français.  ►Un classique du genre très apprécié à partir du cycle 2.
B. Œuvres instrumentales

La mise en ordre qui suit utilise des catégories qui renvoient à une intention du compositeur traduite en discours narratif ou descriptif. Ceci ne doit pas faire perdre de vue que nombre d’œuvres échappent à ce type d’intentionnalité et doivent être abordées par une posture d’écoute la moins enfermante possible. La symphonie n° 40 de Mozart, un quatuor de Haydn, un concerto pour piano et orchestre de Schumann, une suite pour violoncelle ou violon de Bach – pour citer seulement quelques exemples –, sont des pièces qui légitiment en elles-mêmes une écoute pour ce qu’elles sont, sans s’attacher à entendre « ce qu’il faut entendre », et à accueillir pour le plaisir de l’oreille et le désir de les réentendre.

■ Œuvres inspirées de contes
  • Ravel : Ma Mère l’Oye, L’Enfant et les sortilèges.
  • Prokofiev : Lieutenant Kijé.
  • Stravinsky : Petrouchka, L’Oiseau de feu.
  • Tchaïkovski : extraits de La Belle au bois dormant, de Casse Noisette.
  • Debussy : La Boîte à joujoux.

 Des contes ou des histoires pour enfants sont à l’origine des œuvres ici suggérées. Les différents épisodes peuvent être abordés en rapport avec le texte et en relation avec des activités de danse, d’arts plastiques ou de théâtre.. ►Dès le cycle 1.

■ Œuvres avec intention descriptive
  • Beethoven : extraits de la Sixième symphonie.
  • Haydn : extraits de symphonies : L’Horloge, Roulements de timbales…
  • Vivaldi : Les Quatre Saisons.

Les œuvres symphoniques à caractère délibérément évocateur, sinon descriptif, permettent de solliciter l’écoute à partir de suggestions extra-musicales. Tout l’intérêt de l’exploration de ces pièces aisées d’accès est d’amener peu à peu les enfants à dégager les éléments musicaux qui sont mis en œuvre par le compositeur (tempo, contour mélodique, rythmes particuliers, instrumentation…) pour produire certaines impressions. L’exercice de la libre imagination de chacun autour d’un extrait fera percevoir aux enfants qu’une musique, même intentionnellement narrative ou descriptive, ne saurait se confondre avec la désignation d’un objet ou d’une situation strictement identifiables.

■ Œuvres marquées par l’esprit de la danse
  • Bartok : Danses populaires roumaines.
  • Rameau : danses extraites dans Les Indes Galantes (Danse des Sauvages, par exemple). Elles sont très contrastées et se prêtent à des réactions faciles à exprimer. La pulsation aisément repérable, les rythmes dansants, les motifs mélodiques courts, répétés et juxtaposés sont autant de repères qui facilitent l’activité corporelle et la mémorisation.  ►Dès le cycle 1.
  • Danses de la Renaissance

Elles proposent des pièces de mouvements et de caractères très variés qui se prêtent à une activité corporelle. Elles permettent de découvrir des sonorités instrumentales particulières et peuvent s’inscrire dans l’approche pluridisciplinaire d’une époque.  ►A partir du cycle 2.

  • Bach : deuxième suite pour orchestre ; un concerto brandebourgeois.

Seuls certains mouvements de ces œuvres sont encore marqués par l’esprit de la danse. Le choix d’une interprétation baroque met bien en relief cet aspect. L’écoute peut s’appuyer dans un premier temps sur une perception corporelle des différences entre deux mouvements. Les mouvements sans caractère dansé peuvent prêter à la distinction de plans sonores et de phrases musicales, au repérage d’instruments, à la perception d’un discours musical organisé.  ►Cycle 3.

■ Œuvres représentant des grands thèmes

–> Thème du fantastique

– Tchaïkovski : extraits de Casse-Noisette.

– Moussorgski : Baba Yaga, extrait des

–> Thème de la métamorphose

– Ravel : La Belle et la bête, extrait de Ma Mère l’Oye.

–> Le monde animalier

– Ravel : L’Enfant et les sortilèges.

– Rameau : chœur des grenouilles extrait de Platée.

– Janacek : La Petite renarde rusée.

– Saint-Saëns : Le Carnaval des animaux.

Voir Les animaux dans la musique, modèles ou concurrents dans la revue « Textes et Documents pour la classe », éditée par le CNDP, n°775.

I.4. Musiques électro-acoustiques et électroniques

La présence de plus en plus fréquente de l’ordinateur à l’école avec ses possibilités d’expérimenter manipulation et traitement de sons peut faciliter l’entrée des élèves dans l’univers et les démarches des musiciens de ce genre musical récent.

  • Pierre Henry : extraits de la Messe pour le temps présent.
  • Pierre Schaeffer : Etude de bruits (musique « concrète »).
  • Alain Savouret : extraits de la Sonate baroque (par exemple, La Dictée).

I.5. Jazz

La signification historique originelle du jazz reconnu aujourd’hui comme art majeur peut être accessible aux enfants d’école élémentaire.

Les enfants peuvent acquérir quelques repères en associant le nom d’un artiste avec le « son » d’une voix, d’un instrument, par exemple Louis Armstrong (voix, trompette), Ella Fitzgerald (voix), Charlie Parker (saxophone), Eroll Garner, Art Tatum (piano). Ils peuvent, à partir d’exemples multiples, attribuer un sens concret à des désignations comme big-band, blues, swing, negro-spiritual ou improvisation.

I.6. Musiques de film

Les films à voir en salle ou les catalogues de films autorisés à la diffusion dans le cadre de la classe offrent un choix de titres où la musique tient un rôle intéressant, soit parce qu’elle constitue un élément premier du film (comédies musicales, par exemple), soit parce que l’analyse de son utilisation permet de mieux appréhender les codes du langage cinématographique. Les exemples sont innombrables.

  • Musiques de Bernard Hermann pour les films d’Hitchcock (accompagnement du suspens ou, fonction dans l’intrigue, comme le coup de cymbales et la chanson Que sera, sera, dans l’Homme qui en savait trop).
  • Utilisation du Deuxième concerto pour piano de Rachmaninoff dans Sept ans de réflexion de Billy Wilder.
  • Orchestre de Count Basie surgissant dans le désert du Shériff est en prison de Mel Brooks
  • Comédies musicales comme Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy
  • Transformations d’un thème musical comme dans Les Quatre-cents coups de François Truffaut.
  • Montage musical de On connaît la chanson d’Alain Resnais.
  • Musique de film d’aventure, comme celle de John Williams pour Indiana Jones…

En marge du support visuel, les extraits de West Side Story ou de Singing in the rain sont aussi d’excellentes occasions de renforcer l’apprentissage des langues par le chant.

II. Un premier exemple d’œuvres abordables à différents niveaux du cursus primaire

La Flûte enchantée

Beaucoup d’œuvres sont justiciables d’une démarche d’approches successives complémentaires ou concentriques. Mais cet opéra de Mozart se prête tout particulièrement à un parcours de la petite section jusqu’au cycle 3 et bien au-delà.

Pour les plus jeunes, Papageno et la Reine de la Nuit ont tous les attraits des personnages du monde des contes. Ils libèrent un imaginaire qui peut s’exprimer sous diverses formes. Musicalement, ils amusent (bouche cousue ou onomatopées en duo avec Papagena, pour le premier) ou sidèrent (extravagantes vocalises dans l’aigu pour la seconde), sans que jamais la langue étrangère puisse être obstacle au plaisir éprouvé. L’entrée dans l’opéra peut très bien se faire à partir de ces deux pôles, sans souci de narration linéaire, encore moins de récit exhaustif. Les enfants se chargeront bien d’inventer, pourquoi pas à partir du titre lui-même, « leur » Flûte enchantée, avec un instrument aux pouvoirs magiques, un héros immédiatement familier au nom dérivé de celui du perroquet (Papagei en allemand) et une Reine mystérieusement inquiétante.

Au cycle 2, sans négliger les aspects narratifs liés à la musique, l’écoute comparative de plusieurs extraits peut sensibiliser aux notions de hauteurs et de registres vocaux (la Reine de la Nuit par opposition avec Zarastro, par exemple), sur le chant soliste et le chant des chœurs, sur les voix d’adultes et les voix d’enfants. La simplicité mélodique et rythmique de l’air du jeu de clochettes et de celui de l’Oiseleur peut en permettre l’apprentissage en français. Au cycle 3, les enfants peuvent être sensibilisés à la caractérisation des personnages par le style musical (et, accessoirement leur nom) et aux symétries. Le couple « noble » : Reine de la nuit/Sarastro, le couple populaire Papageno/Papagena, les jeunes nobles amoureux Pamina/Tamino, les comparses Trio des dames/Trio des enfants. Les airs les plus simples, désignés ci-dessus, peuvent être appris partiellement en allemand.

L’Enfant et les sortilèges

L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel et Colette offre des ressources musicales et poétiques également tout à fait riches, à tout niveau. Il est possible d’aborder l’œuvre par n’importe lequel des « numéros », indépendamment d’une narration globale. La forte caractérisation des personnages, l’humour et le raffinement sont garants de moments d’écoute de grande qualité.

Le Feu se prête à des exploitations graphiques et à des jeux vocaux. Le solo de L’Horloge comtoise (« Ding, Ding, Ding ! ») et la folle séquence entre Le Petit vieillard et les chiffres (« Deux robinets coulent dans un réservoir… ») mettent la virtuosité au service du comique. Ces passages sont propices à des activités rythmiques et
peuvent être partiellement interprétés par les classes (en parlé rythmé, notamment, avec alternance soliste/groupe).

Le duo de La Théière et de La Tasse chinoise jouent sur les mots et les sonorités de pseudo-langues étrangères. Il invite à des éclaircissements et à de nouveaux jeux à inventer.

Le chœur des Rainettes entre tout naturellement en écho avec les grenouilles de Platée de Rameau, voire avec des enregistrements de batraciens captés dans la nature. Un regard sur la partition ou le livret d’accompagnement d’un enregistrement permet de suivre les choix du compositeur.

Le Duo des chats entre en résonance avec celui de Rossini. La modernité du langage de Ravel invite à des activités très riches pour les enfants. Les premières écoutes permettent de dégager des indices sonores : des sons instrumentaux graves, une voix d’enfant, des miaulements chantés, des silences, des différences d’intensité, la place de l’orchestre dans l’ensemble sonore. Les enfants pourront trouver des traductions corporelles et vocales de l’extrait, lui inventer des prolongements. Les tentatives pourront être enregistrées, améliorées, fixées avec des codages sur une partition originale.

L’air « Toi, le cœur de la rose », court et très poétique, peut être chanté par les classes.

Outre les enregistrements sur CD, on trouvera dans les médiathèques de prêt différentes versions de mises en scène de L’Enfant et les sortilèges. Des pistes d’exploitation figurent dans le livret « Pour la musique au quotidien au cycle 3 ».

III. Exemple des choix d’une école dans le domaine des musiques savantes européennes

Cet exemple illustre simplement les œuvres auxquelles un élève d’une école donnée aura pu être confronté lors de son parcours en école primaire.

  • Alphonse II le sage : Cantigas. Interprétation sur instruments anciens. – Aperghis : une ou deux Récitations. – Bach : Deuxième suite pour orchestre. Chorals.
  • Bartok : Danses populaires roumaines.
  • Bério : Séquenza pour voix.
  • Britten : Faisons un opéra : Le Petit ramoneur.
  • Debussy : Syrinx, La Boîte à joujoux et/ou Chevaux de bois (musique sur un poème de Paul Verlaine).
  • Haydn : symphonie L’Horloge.
  • Mozart :La Flûte enchantée.
  • Prokofiev : Lieutenant Kijé.
  • Rameau : Platée (chœur des grenouilles) et/ou Les Indes Galantes (danse des sauvages).
  • Ravel : L’Enfant et les sortilèges et/ou Ma Mère L’Oye.
  • Schaeffer : Etude aux chemins de fer.
  • Stravinsky : Pétrouchka et/ou L’Oiseau de feu, si possible approche du ballet en vidéo.
  • Tchaïchovski : La Belle au bois dormant (extraits).
  • Vivaldi : Les Quatre saisons (dans une interprétation baroque).
  • Autres : danses de la Renaissance (pavane, gaillarde, gigue…), musiques à la cour de Bourgogne (XVème siècle), Films (West Side Story de R. Wise et J. Robbins et/ou La Flûte enchantée de Bergmann).

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