Langage oral

Une première maitrise du langage oral permet aux élèves d’être actifs dans les échanges verbaux, de s’exprimer, d’écouter en cherchant à comprendre les apports des pairs, les messages ou les textes entendus, de réagir en formulant un point de vue ou une proposition, en acquiesçant ou en contestant. L’attention du professeur portée à la qualité et à l’efficacité du langage oral des élèves et aux interactions verbales reste soutenue en toute occasion durant le cycle. Son rôle comme garant de l’efficacité des échanges en les régulant reste important tout au long du cycle, les élèves ayant besoin d’un guidage pour apprendre à débattre.

Développer la maitrise de l’oral suppose d’accepter essais et erreurs dans le cadre d’une approche organisée qui permette d’apprendre à produire des discours variés, adaptés et compréhensibles permettant ainsi à chacun de conquérir un langage plus élaboré. Les séances consacrées à un entrainement explicite de pratiques langagières spécifiques (raconter, décrire, expliquer, prendre part à des interactions) gagnent à être incluses dans les séquences constitutives des divers enseignements et dans les moments de régulation de la vie de la classe. Ces séquences incluent l’explication, la mémorisation et le réemploi du vocabulaire découvert en contexte.

Les compétences acquises en matière de langage oral, en expression et en compréhension, sont essentielles pour mieux maitriser l’écrit ; de même, la maitrise progressive des usages de la langue écrite favorise l’accès à un oral plus formel et mieux structuré. La lecture à haute voix, la diction ou la récitation de textes permettent de compléter la compréhension du texte en lecture. La mémorisation de textes (poèmes notamment, extraits de pièces de théâtre qui seront joués) constitue un appui pour l’expression personnelle en fournissant aux élèves des formes linguistiques qu’ils pourront réutiliser.

 

Attendus de fin de cycle
  • Conserver une attention soutenue lors de situations d’écoute ou d’interactions et manifester, si besoin et à bon escient, son incompréhension.
  • Dans les différentes situations de communication, produire des énoncés clairs en tenant compte de l’objet du propos et des interlocuteurs.
  • Pratiquer avec efficacité les formes de discours attendues – notamment raconter, décrire, expliquer – dans des situations où les attentes sont explicites ; en particulier raconter seul un récit étudié en classe.
  • Participer avec pertinence à un échange (questionner, répondre à une interpellation, exprimer un accord ou un désaccord, apporter un complément…).

Connaissances et compétences associées

Exemples de situations, d’activités et de ressources pour l’élève

Écouter pour comprendre des messages oraux (adressés par un adulte ou par des pairs) ou des textes lus par un adulte (lien avec la lecture).

–  Maintien d’une attention orientée en fonction du but.

–  Repérage et mémorisation des informations importantes ; enchainement mental de ces informations.

–  Mobilisation des références culturelles nécessaires pour comprendre le message ou le texte.

–  Attention portée au vocabulaire et mémorisation.

–  Repérage d’éventuelles difficultés de compréhension.

Activités requérant l’écoute attentive de messages ou de consignes adressées par un adulte ou par un pair.Audition de textes lus, d’explications ou d’informations données par un adulte.

Répétition, rappel ou reformulation de consignes ; récapitulation d’informations, de conclusions.

Récapitulation des mots découverts lors de l’audition de textes ou de messages.

Explicitation des repères pris pour comprendre (intonation, mots clés, connecteurs, etc.) ; une relation peut être faite avec les situations d’écoute en langue vivante étrangère ou régionale.

Dire pour être entendu et compris, en situation d’adresse à un auditoire ou de présentation de textes (lien avec la lecture).

–  Prise en compte des récepteurs ou interlocuteurs.

–  Mobilisation de techniques qui font qu’on est écouté (articulation, débit, volume de la voix, intonation, posture, regard, gestualité…).

–  Organisation du discours.

–  Mémorisation des textes (en situation de récitation, d’interprétation).

–  Lecture (en situation de mise en voix de textes).

Jeux sur le volume de la voix, la tonalité, le débit, notamment pour préparer la mise en voix de textes (expression des émotions en particulier).Rappel de récits entendus ou lus.

Présentation des conclusions tirées d’une séance d’apprentissage, d’une lecture documentaire, avec réutilisation du vocabulaire découvert en contexte

Présentation de travaux à ses pairs.

Présentation d’un ouvrage, d’une œuvre.

Justification d’un choix, d’un point de vue.

Préparation d’une lecture à voix haute.

Lecture après préparation d’un texte dont les pairs ne disposent pas.

Enregistrement et écoute ou visionnement de sa propre prestation ou d’autres prestations.

Participer à des échanges dans des situations diversifiées (séances d’apprentissage, régulation de la vie de la classe).

–  Respect des règles régulant les échanges.

–  Conscience et prise en compte des enjeux.

–  Organisation du propos.

–  Moyens de l’expression (vocabulaire, organisation syntaxique, enchainements…).

Prise en charge de rôles bien identifiés dans les interactions, notamment les débats.Préparation individuelle ou à plusieurs des éléments à mobiliser dans les échanges (ce que l’on veut dire, comment on le dira, recherche et tri des arguments…).

 

Adopter une distance critique par rapport au langage produit

–  Règles régulant les échanges ; repérage du respect ou non de ces règles dans les propos d’un pair, aide à la reformulation.

–  Prise en compte de règles explicites établies collectivement.

–  Autocorrection après écoute (reformulations).

Participation à l’élaboration collective de règles, de critères de réussite concernant des prestations orales.Mises en situation d’observateurs (« gardiens des règles ») ou de co-évaluateurs (avec le professeur) dans des situations variées d’exposés, de débats, d’échanges.

Élaboration d’un aide-mémoire avant une prise de parole (première familiarisation avec cette pratique).

Repères de progressivité

À l’issue de la scolarité à l’école maternelle, la diversité des compétences langagières à l’oral reste forte. Certains élèves ont encore besoin d’entrainements alors que d’autres sont à l’aise dans la plupart des situations ; la différenciation est indispensable, les interactions entre pairs plus ou moins habiles étant favorables aux progrès des uns et des autres.

Il est difficile de déterminer des étapes distinctes durant le cycle 2 ; la progressivité doit être recherchée dans une évolution des variables de mise en situation :

  • la régulation, voire le guidage de l’adulte peuvent être forts au CP et devront décroitre sans jamais faire défaut à ceux qui en ont besoin ;
  • dans les interactions, la taille du groupe d’élèves impliqués directement, réduite au CP, s’élargira ; au CE2, des interactions performantes doivent pouvoir s’installer avec la classe entière ;
  • les sujets autour desquels l’écoute ou les échanges sont organisés sont proches des expériences des élèves au CP et s’en éloignent progressivement tout en restant dans le registre de la culture partagée ou à partager par la classe ;
  • la préparation des prises de parole devient progressivement plus exigeante (précision du lexique, structuration du propos) et peut s’appuyer sur l’écrit à partir du moment où les élèves ont acquis une certaine aisance avec la lecture et la production d’écrits.

 

Quand j'entends, j'oublie. Quand je vois, je me souviens. Quand je fais, je comprends. (Confucius)