Étude de la langue (Grammaire, Orthographe, Lexique)

Les élèves apprennent progressivement à pratiquer des observations, à entrer dans des réflexions organisées sur le fonctionnement de la langue pour commencer à acquérir les notions fondamentales d’un enseignement qui se poursuit jusqu’à la fin du collège.

Les objectifs essentiels de l’étude de la langue durant le cycle 2 sont liés à la lecture et à l’écriture. Les connaissances acquises permettent de traiter des problèmes de compréhension et des problèmes orthographiques. Les textes à lire et les projets d’écriture peuvent servir de supports à des rappels d’acquis ou à l’observation de faits de langue (orthographiques, lexicaux, morphosyntaxiques, syntaxiques) non encore travaillés. Dans tous les enseignements, les professeurs accueillent avec intérêt les remarques révélant une vigilance relative aux mots ou à d’autres formes linguistiques.

Les élèves sont conduits à centrer leur attention sur la forme de l’énoncé lui-même, à relativiser certains aspects sémantiques pour privilégier un regard sur la formation des mots (la morphologie) et sur les relations entre les mots (la syntaxe). L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.

L’étude de la langue s’appuie essentiellement sur des tâches de tri et de classement, donc de comparaison, des activités de manipulation d’énoncés (substitution, déplacement, ajout, suppression) à partir de corpus soigneusement constitués, afin d’établir des régularités. Les phénomènes irréguliers ou exceptionnels relèvent, s’ils sont fréquents dans l’usage, d’un effort de mémorisation.

Les connaissances se consolident dans des exercices et des situations de lecture et de production d’écrits. La mémoire a besoin d’être entretenue pour que les acquis constatés étape par étape se stabilisent dans le temps. Des activités ritualisées fixent et accroissent les capacités de raisonnement sur des énoncés et l’application de procédures qui s’automatisent progressivement. Des séances courtes et fréquentes sont donc le plus souvent préférables à une séance longue hebdomadaire.

 

Attendus de fin de cycle
  • Orthographier les mots les plus fréquents (notamment en situation scolaire) et les mots invariables mémorisés.–          Raisonner pour réaliser les accords dans le groupe nominal d’une part (déterminant, nom, adjectif), entre le verbe et son sujet d’autre part (cas simples : sujet placé avant le verbe et proche de lui ; sujet composé d’un groupe nominal comportant au plus un adjectif).
  • Utiliser ses connaissances sur la langue pour mieux s’exprimer à l’oral, pour mieux comprendre des mots et des textes, pour améliorer des textes écrits.

Connaissances et compétences associées

Exemples de situations, d’activités et de ressources pour l’élève

Maitriser les relations entre l’oral et l’écrit (lien avec la lecture).

–  Correspondances graphophonologiques.

–  Valeur sonore de certaines lettres (s – c – g) selon le contexte.

–  Composition de certains graphèmes selon la lettre qui suit (an/am, en/em, on/om, in/im).

 

Activités liées à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture au CP, régulières, voire rituelles tout au long du cycle, au moins pour les élèves les plus fragiles au CE2.Nombreux retours sur les « leçons » antérieures, rebrassage des acquis.

Élaboration de listes qui rapprochent des mots, de tableaux qui classent en fonction des relations graphèmes / phonèmes pour favoriser la mémorisation.

Activation de la remémoration par de courtes et fréquentes dictées de syllabes ou de mots.

Mémoriser et se remémorer l’orthographe de mots fréquents et de mots irréguliers dont le sens est connu (lien avec l’écriture). 

–  Vocabulaire des activités scolaires et vocabulaire spécialisé lié aux apprentissages disciplinaires.

–  Séries de mots (mots relevant d’un même champ lexical ; séries correspondant à des familles de mots ; séries regroupant des mots ayant une analogie morphologique…).

–  Mots invariables.

 

Activités concourant à la mémorisation (copie ; analyse et épellation de mots, puis écriture sans voir le modèle ; reconstitution de mots à partir de syllabes ; etc.). Interrogations rapides régulières permettant de vérifier l’ancrage en mémoire.En lien avec les apprentissages de tous les enseignements, repérage et tri de mots selon des critères variés ; mémorisation des mots des lexiques spécialisés (noms des nombres dès le CP) ; révision par la mobilisation et le brassage des mêmes mots dans des listes différentes.

Exercice de la vigilance orthographique dans toutes les activités d’écriture ; correction avec échanges au sein d’une « doublette ». Dans toute situation d’écriture, les élèves devraient bénéficier d’un temps ménagé pour la relecture et la correction avec consignes éventuellement.

Au CE, conservation et utilisation des outils constitués au CP, et enrichissements.

Identifier les principaux constituants d’une phrase simple en relation avec sa cohérence sémantique (de quoi on parle, ce qu’on en dit)

–  Identification du groupe nominal.

–  Identification du verbe (connaissance des propriétés permettant de l’identifier).

–  Classes de mots : noms – verbes – déterminants – adjectifs – pronoms (en position sujet) – mots invariables.

–  Phrases affirmatives et négatives (notamment, transformations liées à l’identification du verbe).

–  Ponctuation de fin de phrases ; signes du discours rapporté.

Activités relevant du domaine de la « grammaire » d’abord largement implicites et pratiquées en lien avec la lecture et l’écriture (le travail de compréhension de la phrase effectué au CP conduit à identifier de qui ou de quoi l’on parle et ce qui en est dit ; la lecture à voix haute permet aussi de « saisir » l’unité de la phrase).Activités de manipulations de phrases, de tris, de classements débouchant sur la catégorisation de faits de langue et sur le métalangage grammatical, après un temps significatif de familiarisation avec l’objet étudié.

Exercices pour fixer les acquis et mobilisation explicite de ces acquis (notamment les « mots de la grammaire ») dans l’ensemble des échanges pratiqués pour résoudre des problèmes de lecture, d’écriture, d’orthographe.

Raisonner pour résoudre des problèmes orthographiques, d’accord essentiellement (lien avec l’écriture). 

–  Compréhension que des éléments de la phrase fonctionnent ensemble (groupe nominal) ; compréhension de la notion de « chaine d’accords » pour déterminant/nom/adjectif (variation singulier/pluriel en priorité ; variation masculin/féminin).

–  Compréhension qu’écrire ne consiste pas seulement à coder des sons.

–  Relation sujet – verbe (identification dans des situations simples).

–  Notions de singulier et pluriel ; de masculin et féminin.

–  Marques d’accord pour les noms et adjectifs : nombre (-s) et genre (-e).

–  Découverte en lien avec les activités d’oral et de lexique d’autres formes de pluriel (-ail/-aux ; -al/-aux…) et d’autres marques du féminin quand elles s’entendent dans les noms (lecteur/lectrice…) et les adjectifs (joyeux/joyeuse…).

–  Marque de pluriel pour les verbes à la 3e personne (-nt)

Exploration de la langue. Repérage d’analogies conduisant à l’élaboration de listes, à la collecte de mots ou de groupes de mots, voire de phrases.Premiers raisonnements sur la langue dans le cadre de débats entre élèves sur leurs « trouvailles », de justifications qu’ils donnent à leurs propositions.

Utilisation des listes constituées comme références pour la production d’écrits (utilisation des occurrences relevées en copie littérale ou comme modèles pour faire comme…).

Activités de classements et d’analyses permettant de dégager des régularités, voire des « règles ».

Si les élèves ne disposent pas d’un manuel de référence, constitution d’une mémoire écrite organisée (fiches complétées au cours de l’année, affichage…), cet outil étant utilisé dans les activités de production d’écrits.

Activités diverses – dont des dictées courtes sous une variété de formes, suivies de l’examen collectif des problèmes d’orthographe rencontrés – pratiquées de manière rituelle (c’est-à-dire fréquemment et selon des modalités récurrentes) permettant aux élèves d’intégrer les règles et leurs procédures d’application, en faisant exercer les raisonnements adaptés sur des phrases progressivement plus complexes.

Comprendre comment se forment les verbes et orthographier les formes verbales les plus fréquentes (lien avec l’écriture)

–  Familiarisation avec l’indicatif présent, imparfait et futur des verbes être, avoir, faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre et des verbes dont l’infinitif se termine par -ER.

–  Mémorisation des formes les plus fréquentes (troisième personne du singulier et du pluriel).

–  Compréhension de la construction de la forme conjuguée du verbe (radical ; terminaison).

–  Mémorisation de marques régulières liées à des personnes (-ons, -ez, -nt).

–  Infinitif ; participe passé.

–  Notions de temps simples et temps composés ; formation du passé composé.

–  Notions de marques liées au temps (imparfait et futur en particulier).

–  Mémorisation des verbes être et avoir au présent, à l’imparfait et au futur.

–  Homophones : les formes verbales a / est/ ont / sont distinguées des homophones (à / et / on / son).

Activités orales de transformation de phrases en fonction de variations du temps (lien avec le travail sur la chronologie au début du cycle) et repérage des mots affectés par ces variations, préalables aux observations portant sur l’écrit.

Classement de formes verbales avant leur désignation ; repérage de régularités.

Élaboration progressive de « tableaux de conjugaison ».

Exercices, « jeux » (de type loto par exemple) pour fixer la mémorisation et activer régulièrement la remémoration.

Activités nombreuses et fréquentes de résolution de problèmes relatifs aux formes verbales, dans les dictées à visée d’entrainement et dans les écrits du quotidien ; pratique régulière de la justification des choix avec emploi du métalangage approprié.

Identifier des relations entre les mots, entre les mots et leur contexte d’utilisation ; s’en servir pour mieux comprendre (lien avec la lecture et l’écriture). 

–  Familles de mots et dérivation (préfixe, suffixe).

–  Catégorisation et relations entre termes génériques et termes spécifiques.

–  Synonymie ; antonymie (contraires) pour adjectifs et verbes.

–  Polysémie ; relation avec les contextes d’emploi.

–  Sens propre ; sens figuré.

–  Registres familier, courant, soutenu (lien avec enseignement moral et civique).

 

Ces notions ne sont pas enseignées en tant que telles ; elles constituent les références qui servent à repérer des formes de relation entre les mots auxquelles les élèves sont initiés parce qu’ils ont à les mobiliser pour mieux comprendre, mieux parler, mieux écrire.

 

Mots travaillés découverts en contexte.Réflexion sur les mots et leurs relations telle que commencée en maternelle, continuée au CP : constitution de listes traduisant les liens relevés.

Réflexion en lien avec la lecture quand les élèves achoppent sur des mots inconnus (constitution du mot, ressemblances avec d’autres ; hypothèse sur le sens dans le contexte ; identification d’un registre inhabituel ; etc.) ou rencontrent des mots qu’ils connaissent avec une autre acception que la plus usuelle.

Séances spécifiques de mise en ordre de ce premier savoir aboutissant aux « étiquettes savantes ». Synthèses de ces phases réflexives et structurantes complétées d’exemples issus des lectures ou des apprentissages.

Utilisation des catégories dès qu’elles sont identifiées, dans des échanges, voire des débats, pour justifier des analyses, des points de vue.

Manipulation ludique de préfixes et suffixes pour « inventer » des mots ; vérification de leur existence dans le dictionnaire.

Étendre ses connaissances lexicales, mémoriser et réutiliser des mots nouvellement appris (lien avec l’expression orale et écrite).

–  Définition d’un mot ; compréhension d’un article de dictionnaire.

–  Mobilisation de mots « nouveaux » en situation d’écriture avec appui éventuel sur des outils.

 

 

Collecte de mots encouragée ; exploitation des relations entre les mots pour relier les mots découverts à d’autres mots nouveaux, pour les intégrer à des « catégories ».Pratique de formes de groupements différents pour les mêmes stocks de mots pour favoriser leur brassage, leur activation, leur mémorisation.

Utilisation du dictionnaire dès le CE1 ; usage des formes électroniques encouragé.

Le travail sur la compréhension d’articles du dictionnaire ressortit autant de la lecture que de l’étude de la langue.

Repères de progressivité
Plusieurs phases de travail sont requises pour installer solidement les premières connaissances sur la langue, de l’approche intuitive à la structuration qui est souvent associée à la désignation et suivie d’activités concourant à la mémorisation et, surtout, à l’entrainement à l’utilisation correcte des connaissances acquises.Au CP, en relation avec les autres composantes de l’enseignement de français, on privilégiera l’approche intuitive :– en s’appuyant beaucoup sur l’oral : les élèves sont rendus attentifs à l’ordre des mots ; des jeux avec le langage et des transformations permettent de manier les formes verbales (changements de temps, de personnes) et les variations liées au nombre et au genre, de telle façon que la vigilance des élèves soit attirée sur les changements qui s’entendent ;– en exploitant toutes les observations portant sur la forme des mots et leurs variations : compte tenu des exigences des activités de décodage en lecture, la sensibilité des élèves aux « lettres qui ne s’entendent pas » en fin de mots est très forte (variations en genre et en nombre essentiellement); des relevés de mots ou de groupes de mots sont effectués et une première catégorisation établie, fondée sur des raisonnements par analogie. Alors employés par le professeur, les termes spécifiques qualifiant ces catégories (pluriel/singulier – féminin/masculin – verbe, nom, adjectif) ne sont pas exigés des élèves ;– dans les activités de lecture et de production d’écrits, en recueillant toutes les observations sur la ponctuation, sur la forme des phrases et en exploitant toutes les occasions de réflexion sur des mots nouveaux, sur des usages particuliers de mots connus, sur les relations qui peuvent être faites entre certains mots et d’autres déjà vus, etc.

Au CP, l’accent est mis sur le mot (sens et forme) et sur l’observation de variations ; le raisonnement par analogie est fortement mobilisé ; des régularités sont identifiées (marques d’accord, formes verbales).

Les élèves manipulent à l’oral les formes verbales en relation avec la structuration du temps (présent, passé, futur). Ils découvrent des régularités à l’écrit et mémorisent quelques formes conjuguées avant d’entrer dans leur étude formelle, notamment pour les verbes avoir et être.

Au CE1 et au CE2, le moment est venu de structurer, de faire pratiquer des comparaisons qui débouchent sur des analyses, d’en tirer des conclusions qui sont formalisées et dont les conséquences pour l’écriture et la lecture sont identifiées, d’apporter les mots du langage spécialisé et de veiller à leur utilisation par les élèves, d’aménager les conditions d’exercice, de mémorisation, d’entrainement et de réemploi pour consolider les acquisitions. L’étude systématique du verbe, du nom et du repérage du sujet dans des situations simples, la construction de quelques temps du verbe (présent, imparfait, futur, passé composé) pour les verbes les plus fréquents et la mémorisation des formes verbales requièrent du temps et des reprises à intervalles réguliers. L’approche intuitive prévaut encore pour d’autres faits de langue qui seront étudiés dans le cycle suivant, notamment la détermination du nom et les compléments.

Les élèves identifient, mémorisent et apprennent à écrire en situation des formes verbales affectant les verbes les plus fréquents, aux personnes les plus utilisées ; ils découvrent la distinction entre temps simples et temps composés et comprennent la formation des temps composés en étudiant le passé composé. L’attention aux terminaisons qui ne s’entendent pas mais qui servent à marquer le pluriel ou le féminin est constamment stimulée.

Le travail sur le lexique continue, d’une part pour étendre le vocabulaire compris et utilisé et, d’autre part, pour structurer les relations entre les mots. Les phénomènes linguistiques explorés (dérivation, polysémie, synonymie…) sont abordés à cette fin, et non pas étudiés pour eux-mêmes ; leur dénomination n’est pas requise des élèves.

Dès le CE2, des activités de comparaison de phrases entre le français et la langue vivante étudiée aiguisent la vigilance des élèves sur l’ordre des mots, la nature de certaines marques, l’existence ou non de chaines d’accord. L’exercice de ces comparaisons débouche sur la formalisation des écarts et sur la mémorisation de ce qui est spécifique de chacune des deux langues.

 

Quand j'entends, j'oublie. Quand je vois, je me souviens. Quand je fais, je comprends. (Confucius)